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L'eau et la vie
L'eau est d'une importance
capitale, tant au niveau de sa qualité que de sa quantité,
de son écoulement et de sa situation géographique,
pour la satisfaction des besoins des écosystèmes.
Et nous, les êtres humains, nous faisons partie de ces
écosystèmes. Les humains ne peuvent être
dissociés du milieu aquatique. Beaucoup de nos activités,
que ce soit sur terre ou en mer, ont un impact sur l'eau. Elles
en affectent l'écoulement, la qualité, les niveaux
et la capacité à entretenir la vie. Cette vie
englobe une biodiversité extraordinaire ; l'eau et les
marais fournissent des habitats parmi les plus importants au
monde. De même, les hydro-écosystèmes et
les écosystèmes à caractère aquatique
tels que les marais nous assurent des services essentiels :
eau potable, eau à usage agricole, énergie, gestion
des crues, possibilités d'aménagements pour les
loisirs, filtration et évacuation, pêche et tourisme.
Problèmes affectant l'eau et les plaines d'inondation
La gestion
de l'eau devient pour nous de plus en plus complexe. Les pratiques
passées ont fait que les rivières et les fleuves
sont désormais coupés de leur plaine d'inondation,
ce qui a résulté en une perte de biodiversité
et en la nécessité de mettre en œuvre des
projets de protection contre les crues complexes, coûteux
et parfois nuisibles. Beaucoup de nos demandes actuelles sont
incompatibles les unes avec les autres. Par exemple, nous voulons
que les plaines d'inondation puissent jouer leur rôle
en matière de gestion des crues et puissent assurer une
biodiversité importante, et pourtant les gens veulent
habiter en bordure des rivières et des fleuves et il
nous faut de l'espace pour construire les habitations nécessitées
par l'évolution démographique.
Les pratiques
d'agriculture intensive peuvent avoir des impacts néfastes
sur la qualité, la quantité et les niveaux d'eau,
qui nuisent aux habitats aquatiques. Les compagnies de distribution
d'eau et les agences de l'eau, et par conséquent les
consommateurs et les contribuables, doivent payer pour assainir
l'eau qui a été polluée suite à
des subventions ou à de mauvaises pratiques. Dans de
nombreux pays, la bureaucratie relative à la gestion
de l'eau est complexe et compliquée. Différents
aspects de l'eau sont gérés séparément
: par exemple, l'agriculture, la planification de l'occupation
des sols, le prélèvement d'eau, la qualité
de l'eau, la gestion des crues, la gestion de la sécheresse
et l'eau potable peuvent très bien être gérés
de manières différentes avec des objectifs incompatibles
et à différentes échelles spatiales et
temporelles.
La Directive-cadre sur l'eau et le projet WUF
Le projet
WUF s'est attaqué à certains de ces aspects en
se concentrant sur l'usage avisé des plaines d'inondation
dans six bassins versants faisant l'objet d'études de
cas, en France, en Irlande, en Écosse et en Angleterre.
Il avait pour objectif de montrer comment un usage avisé
des plaines d'inondation pourrait contribuer à la gestion
durable de l'eau au sein des bassins fluviaux et des bassins
versants. Ceci a été réalisé en
grande partie dans le contexte de la Directive-cadre sur l'eau
de la CE, nouvelle directive qui place l'écologie au
centre de la gestion de l'eau par le biais d'une approche intégrée.
La directive exige
que les États membres s'attaquent à tous les problèmes
d'eau qui affectent l'écologie tributaire de l'eau, et
par conséquent tous les types d'eau, y compris les eaux
souterraines, les eaux de surface (comme par exemple, les fleuves
et rivières, les lacs et les plus petits plans d'eau)
ainsi que les eaux côtières. Les marais sont une
composante importante de la directive et doivent être
pris en considération de plusieurs manières différentes.
Les États
membres doivent "caractériser" les bassins
fluviaux, c'est-à-dire identifier la ressource en eau
dans chaque bassin et en évaluer "l'état".
Ils doivent identifier les pressions et les impacts qui nuisent
à l'eau. Ils doivent ensuite fixer des objectifs pour
chaque plan d'eau, surveiller ces plans d'eau et mettre en œuvre
un programme de mesures visant à les rétablir
ou à empêcher leur détérioration
- ceci, en fonction des objectifs fixés.
Ce processus a pour
objectif principal d'assurer un "état satisfaisant"
pour tous les plans d'eau, à quelques exceptions près.
Ce travail est réalisé par le biais d'un plan
de gestion du bassin fluvial. Ce qui est très important,
c'est que les États membres ont le devoir de mobiliser
activement les membres intéressés du public au
cours de ce processus de planification. Ainsi, la directive
reconnaît que l'eau est un élément du patrimoine
national et doit être traitée comme tel, que l'eau
concerne tout un chacun et que les décisions relatives
à l'eau ne doivent pas être prises uniquement par
les gouvernements ou les scientifiques.
Le moteur du projet
WUF a été la prise de conscience croissante du
fait qu'un grand nombre d'États membres allaient avoir
du mal à mettre en œuvre la Directive-cadre sur
l'eau, en particulier sur le plan de la gestion plus avisée
des plaines d'inondation. Les problèmes perçus
touchaient le manque de techniques permettant d'entreprendre
certaines des activités requises (par exemple, l'évaluation
des différentes options de gestion des plaines d'inondation,
la mobilisation des collectivités locales) et la déception,
dans certains pays, des principaux acteurs qui estimaient que
le contexte de la politique allait à l'encontre de la
gestion durable des plaines d'inondation, au lieu de la favoriser.
Le projet WUF était aussi une réponse aux problèmes
associés à l'usage irréfléchi des
plaines d'inondation : dégâts catastrophiques causés
par les eaux à la population et aux biens immobiliers,
disparition des marais dans les plaines d'inondation, subventions
aux agriculteurs aggravant la situation, eutrophisation et modification
considérable des réseaux hydrographiques.
Comment utiliser les résultats du projet WUF
Le projet
WUF était ambitieux dans son envergure. De ce fait, certains
aspects des résultats seront intéressants pour
différentes agences et différents secteurs des
collectivités. De plus, les résultats sont formulés
à différents niveaux. D'importants rapports techniques
fournissent toute l'analyse des résultats principaux
sous quatre rubriques. Des notes explicatives présentent
aussi un bref exposé de ces quatre rubriques, ainsi que
des quatre zones ayant fait l'objet d'une étude de cas.
Pour où commencer et que lire ?
Vous voulez peut-être
tout simplement savoir comment organiser dans un village local
une manifestation en vue d'encourager la participation du public
sur une question spécifique se rapportant à l'eau.
Pour ceci, vous devrez lire la note explicative relative aux
processus participatifs et vous référer ensuite
au rapport technique concernant cette même rubrique. Il
est possible qu'une autre organisation souhaite procéder
à une modélisation hydrologique, mais ne pas impliquer
le public ; celle-ci sera alors uniquement intéressée
par les résultats hydrologiques du projet WUF - la note
explicative et le rapport technique. Un responsable municipal
voudra peut-être chercher à savoir ce qui s'est
produit dans le bassin versant de l'Erne en Irlande au cours
du projet WUF ; il lui faudra alors tout simplement se reporter
à la note explicative concernant l'Erne. Un décideur
national sera intéressé par les résultats
de l'analyse de la politique, qui montrent les 10 messages les
plus importants de la politique qui devront être pris
en considération, et il devra se référer
à la note explicative et au rapport technique.
Si vous voulez en
savoir plus sur des questions spécifiques ou les études
de cas de bassins versants particuliers, vous devrez vous reporter
directement aux sections suivantes :
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Études de cas |
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Notes explicatives |
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Rapports |
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Autres rapports |
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Si vous souhaitez
savoir comment tout ceci est structuré, or si vous voulez
mettre en place un processus similaire dans votre bassin versant,
veuillez alors lire ce qui suit.
WUF - une approche intégrée à la gestion
des plaines d'inondation
Le projet WUF était un partenariat transnational faisant
intervenir des ministères, des sociétés
travaillant dans la recherche et des organisations non gouvernementales
(ONG) dans six zones de projet en Angleterre, en Irlande, en
Écosse et en France.
Cinq bassins versants ont été utilisés
comme sites de démonstration en vue de développer
et de tester tout un éventail de techniques depuis la
mobilisation du public jusqu'aux évaluations de la durabilité
des différentes options de gestion des plaines d'inondation.
Ces sites étaient les suivants :
La sixième
zone de projet dans le Cherwell,
en Angleterre, s'est concentrée sur les méthodes
permettant d'évaluer les effets hydrologiques
cumulatifs du rétablissement des plaines d'inondation.
Le travail
effectué dans chacune des Zones
ayant fait l'objet d'une étude de cas a suivi plus
ou moins le même plan, mais il a été adapté
aux circonstances et aux besoins locaux. Une grande partie de
ce travail sera exigé aux termes de la Directive-cadre
sur l'eau de la CE, mais les responsables de la gestion des
bassins fluviaux entreprenant des travaux requis par la Directive
devront toutefois se référer aux conseils fournis
par leur gouvernement national respectif ou par la Commission
européenne car les exigences dépassent les limites
du projet WUF.
Le processus, facilité
par un responsable de projet, s'est déroulé comme
suit (ce processus n'était pas forcément linéaire
: un grand nombre de tâches étant liées
entre elles et itératives)
Ce processus était
une approche logique de la gestion des plaines d'inondation,
qui s'attaquait aux problèmes locaux (par le biais de
la mobilisation de la collectivité locale), nationaux
(par le biais du processus d'analyse de la politique), et internationaux
(par le biais du processus d'analyse de la politique). L'idéal
aurait été d'effectuer une modélisation
hydrologique
dans le cadre de l'évaluation des options possibles dans
chacune des zones faisant l'objet d'une étude de cas,
afin d'examiner la faisabilité hydrologique de certaines
des options de gestion sélectionnées. Toutefois,
les coûts d'une telle modélisation étaient
prohibitifs compte tenu de l'envergure de ce projet.
Les résultats
Les résultats
du projet WUF sont complexes et nombreux. Ils sont utiles à
la fois pour les gens qui veulent entreprendre ce type de travail
sur le terrain, et pour les décideurs qui envisagent
une réforme de politique qui affecte la gestion des plaines
d'inondation. Pour le vaste éventail de recommandations,
vous devrez vous référer aux notes explicatives
et aux rapports techniques.
Les recommandations
sont actuellement poussées plus avant de diverses manières
par les partenaires du projet WUF. Certaines sont intégrées
dans des notes explicatives élaborées par la Commission
européenne et les États membres en vue de la mise
en œuvre de la Directive-cadre sur l'eau. D'autres sont
utilisées pour faire pression sur les décideurs
dans des domaines de politique comme la planification, la qualité
de l'eau, la biodiversité, la gestion des crues, la gestion
intégrée des bassins versants et la réforme
de l'agriculture.
Ceux qui
entreprennent sur le terrain diverses initiatives concernant
les bassins versants s'aident de ces résultats pour formuler
leurs projets de plaine d'inondation. Et ce qui est plus important
encore, le travail, bien qu'il ne soit pas financé par
le projet WUF, se poursuit dans certaines des zones ayant fait
l'objet d'une étude de cas afin de traduire les recommandations
en véritable action.
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